L'ALGONEURODYSTROPHIE

QU'EST-CE QUE C'EST ?

Tout d'abord suivant les pays, elle porte différents noms :

- La dystrophie sympathique réflexe, D.S.R (ou R.S.D, reflex sympathetic dystrophy, terme toujours employé aux U.S.A, ainsi que parfois le terme CRPS, complex regional pain syndrom, terme qui remplace celui de R.S.D).

- Syndrome régional douloureux complexe ou encore syndrome douloureux régional complexe (SDRC (ou SRDC) de type 1 (ex algodystrophie) sans lésion nerveuse et de type 2 avec lésion nerveuse (ex algoneurodystrophie ou causalgie).

- Maladie de sudeck ou atrophie de sudeck (causalgia : lésion de nerf)

... et bien d'autres noms encore.

Les noms qui devraient être utilisés actuellement pour cette maladie ne devraient plus être que :

- SDRC ou SRDC (francophone) et CRPS (anglophone).

Le syndrome douloureux régional complexe (SDRC) :

Ce terme remplace l'ancienne définition, algodystrophie sympatique réflexe, pour le type 1 (ou algoneurodystrophie sympathique réflexe, pour le type 2) parce qu'il a été prouvé que le rôle du système sympathique n’est pas toujours en cause ou en tout cas pas le seul responsable (pour certains sdrc la réponse aux blocs sympathiques est parfois mauvaise ou nulle). Ensuite le terme d’algodystrophie suppose la présence d’une dystrophie qui n’est pas toujours avérée (la dystrophie s'observe généralement au stade 2 de la maladie). C'est l'Association Internationale pour l'Etude de la Douleur (IASP : internationale association for the study of pain) qui a changé les noms de la dystrophie réflexe sympathique (algodystrophie sympathique réflexe) et de la causalgie (algoneurodystrophie sympathique réflexe) parce que ces noms représentaient de façon inadéquate le spectre complet des signes et symptômes observés.

Il s'agit d'une maladie dont on ne connaît pas encore les causes exactes. Elle se développe secondairement à une fracture dans 55% des cas, à un trauma des parties molles dans 22% des cas et à la suite d'une opération chirurgicale dans 20% des cas. Les 3% restants englobent des causes rares et inhabituelles, telles que le placement d'un voie veineuse dans la veine jugulaire ou une injection intramusculaire aux membres supérieurs ou inférieurs. Il n'existe pas de relation entre la sévérité du traumatisme et l'éventuelle apparition d'une algodystrophie. Par contre, l'algoneurodystrophie est toujours imputable à une (ou plusieurs) lésion(s) nerveuse(s) à l'origine. Cela peut être des micro-lésions (donc, pas toujours facile à mettre en évidence pour certains patients) mais suffisantes (hélas) pour entraîner une algoneurodystrophie et les conséquences qui vont avec. Les hernies discales peuvent, elles aussi, être à l'origine d'une algoneurodystrophie. Certaines maladies neurodégénératives peuvent être aussi à l'origine d'algoneurodystrophies.

Elle peut affecter une, deux, voir plusieurs extrémités, et aussi, mais plus rarement, être dans le visage, les épaules, le dos, les yeux, et d'autres secteurs. En fait, n'importe quelle partie du corps peut être touchée. C'est une maladie qui implique à la fois : la peau, les nerfs, les vaisseaux sanguins, les muscles et les os, ce qui en fait une maladie très complexe, attendu qu'elle s'attaque à tout à la fois.

Le système nerveux sympathique réagit à un stimulus lors d'un trauma (par exemple une fracture) il déclanche tout un ensemble de moyen afin d'éviter l'aggravation de ce trauma (gonflement, rougeur, douleurs etc.). Un réflexe sympathique parfois anormal ou prolongé commence dans un membre comme réaction à un trauma. L'algoneurodystrophie semble impliquer l'interaction complexe du sensoriel, du moteur, et des systèmes nerveux autonomes ainsi que le système immunitaire. Le contrôle du système nerveux central (cerveau et cordon médullaire) de ces divers processus est changé de façon ou d'autre en raison de dommages, ce qui fait que la guérison ne suit pas son cours normal. Pour des raisons que nous ne comprenons pas, le système nerveux sympathique semble assumer une fonction anormale suivant la blessure.

L'algoneurodystrophie est donc une maladie du système nerveux. Considérée comme tel par les pays anglophones, mais bizarrement pas en France.... La France serait-elle en retard ? Une fois de plus ?....

Il y a autant de formes d'algodystrophies et d'algoneurodystrophies que de personnes qui en sont atteintes. On pourrait dire que chaque cas est un cas. Mais la caractéristique commune demeure : la douleur. Et cela peu importe le stade d'évolution de cette maladie.

Elle est classée en deux catégories :

L'algodystrophie de Type 1 : sans lésion nerveuse. Bien que très douloureuse, généralement celle-ci guérit très bien, même s'il faut parfois du temps pour arriver à cette guérison, et ne laisse aucune séquelle physique dans la très grande majorité des cas, sauf si certains traitements agressifs à la base l'ont empirée, ce qui arrive hélas parfois. C'est aussi la plus courante.

L'algoneurodystrophie de Type 2 : avec lésion nerveuse. Celle-ci ne guérit généralement pas (on ne sait pas encore vraiment la guérir...) et amène parfois de très nombreuses complications. Elle peut aller jusqu'aux séquelles physiques irréversibles (handicap très important et irréversible) et entraîner de nombreuses autres complications (aggravations de la maladie : embolie(s) artérielle(s), infarctus du myocarde, cancer, gangrène, etc...) néanmoins elle reste très très rare à ce stade extrême d'évolution.

L'algoneurodystrophie peut créer des vasospames très importants et permanents, qui peuvent aller jusqu'à entraîner à la longue : des thromboses, des embolies, infarctus etc... parce que ces vasospames finissent par très rapidement boucher et rétrécir parfois certaines artères. C'est relativement rare à ce stade, mais cela existe dans quelques rares cas d'algoneurodystrophie (dont je fais partie). Ces vasospasmes sont en relation directe avec l'algoneurodystrophie, et n'ont donc rien à voir à la base avec de l'athérosclérose (même si les conséquences restent hélas les mêmes) du cholestérol (quand il existe, ce qui n'est pas forcément le cas) la tabagie (quand elle existe, et là encore ce n'est pas toujours le cas) ou autre.

C'est une maladie peu comprise par le corps médical et par l'entourage des personnes qui en sont atteintes. Elle est peu prise en charge et souvent mal prise en charge. Il est évident que la plupart des algodystrophies, bien que douloureuses, "s'auto-guérissent" d'elles-mêmes... quand elles ne concernent que le type 1, pour autant qu'on a pas aggravé les patients avec des traitements agressifs et barbares. Mais les cas d'aggravation restent fréquents pour le type 2 (algoneurodystrophie) et ne sont pas traités avec tout le sérieux qu'il devrait. En France, les médecins ne l'a connaissent pas ou très mal (algoneurodystrophie de type 2) et la confondent trop souvent avec l'algodystrophie de type 1 et donc en font une généralité avec celles qui s'auto-guérissent en grande majorité : algodystrophie de type 1. Il est vrai que les cas avec séquelles graves sont relativement rares, c'est sans doute pourquoi elle n'est pas traitée comme il faut. Les patients, dans le cas d'aggravation, se retrouve démunis face à un corps médical absent. Absent... bien souvent parce qu'ils ne comprennent pas la maladie et qu'ils ne veulent pas se donner la peine de la comprendre....

Il existe encore une confusion dans les esprits, entre le type 1 (sans lésion nerveuse) et le type 2 (avec lésion nerveuse). Ce qui est regrettable pour les patients atteint par le type 2... Il faudrait vraiment que les médecins évitent à tout prix la confusion entre l'algodystrophie et l'algoneurodystrophie, les conséquences physiques au final de l'algoneurodystrophie n'étant pas du tout les mêmes en général que pour l'algodystrophie. De plus, les médecins ont nettement trop tendance maintenant à mettre le nom d'algodystrophie ou algoneurodystrophie (sans distinction en plus des deux différents types) sur tout et n'importe quoi, après il est facile de dire qu'ils ont des résultats "spectaculaires" dans la guérison de l'algodystrophie, ou pire de l'algoneurodystrophie, quand à la base... çà n'en était même pas une ! D'ailleurs c'est très souvent dans ces "pseudo-algo" qu'on retrouve un nombre non négligeable de patients dépressifs ou nerveux à la base, peut être que les médecins préfèrent leur dire qu'ils ont une algo, pour mettre des mots sur leur maux. Hélas çà dessert plus qu'autre chose les patients vraiment atteints d'algodystrophie et encore plus ceux atteints d'algoneurodystrophie...

Qui n'a pas entendu : "vous êtes nerveux, c'est pour çà que vous ne guérissez pas"....

ou encore : " l'algo... c'est long mais çà guérit... tout le temps"

NON l'algoneurodystrophie ne guérit pas tout le temps ! Hélas....

Arrêtons de dire que l'algoneurodystrophie est une maladie... psycho-somatique ! C'est faux ! (hélas certains patients entendent encore ce genre de refléxion de la part de certains médecins qui méconnaissent totalement la maladie). Ne confondons pas non plus les vraies algos et les pseudo-algos ! Arrêtons de dire que les personnes atteintes, avaient des antécédents dépressifs, c'est faux là encore ! (peut être est-ce le cas dans les pseudos algos, mais certainement pas le cas dans les vraies algos dans leur très grande majorité) ! Arrêtons de confondre l'algoneurodystrophie et l'algodystrophie (et je ne parle même pas des pseudos algo qui n'en sont même pas, car depuis quelques temps on dirait qu'il y a "épidémie" d'algo, tellement c'est devenu courant pour certains médecins de mettre le nom d'algo sur tout et n'importe quoi) ! La différence, et pas des moindres : est la (ou les) lésion(s) nerveuses dans le cas des algoneurodystrophies, et les conséquences ne sont donc pas du tout les mêmes ! Bien que certaines algodystrophies se voient dégénérer parfois suite à des traitements barbares de certains praticiens, qui ont fait subir tout et n'importe quoi à certains patients et les ont plus aggravés qu'autre chose.

Les études en cours dans les pays anglophones et d'autres (sauf les francophones...bizarre là encore...) prouvent bien que : l'algoneurodystrophie est une maladie du système nerveux... d'où peut être la confusion dans l'esprit des médecins français.... Les séquelles visibles sur l'i.r.m, sur les scintigraphies osseuses, çà aussi c'est psycho-somatique peut-être ? Quand la médecine française arrêtera de prendre pour des idiots (malades mentaux ???) les patients atteint d'algoneurodystrophie, nous pourrons peut être avancer ! Nous sommes si peu nombreux en France avec cette maladie, au stade des séquelles handicapantes et irréversibles concernant en très grande majorité le type 2... que l'on est rarement pris au sérieux par certains médecins, parce que beaucoup de médecins confondent déjà pour commencer le type 1 et le type 2, ensuite parce que certains médecins mettent le nom d'algo sur tout et n'importe quoi actuellement.... Une chose est sure : c'est qu'à force de nous traiter comme si l'on avait rien (pour certains patients), à force de se désintéresser des patients lourdement atteints, parce qu'on a plus rien à leur proposer.... beaucoup de personnes atteinte par cette maladie finissent en dépression !

La dépression peut être une conséquence de cette maladie (vu comment elle est traitée en France par certains médecins... pas étonnant !!!) en aucun cas une des causes !!! Et tous les patients atteints du type 2 ne finissent pas systématiquement non plus en dépression ! Personnellement je n'ai jamais été dépressive ni avant, ni maintenant, malgré le lourd handicap et l'évolution dramatique de la maladie. Parfois je suis énervée, et légitiment, du comportement de certains médecins, quand j'entend certains malades me raconter leur parcours du combattant avec les médecins, et aussi le désintérêt total de beaucoup de médecin pour cette maladie.

En France lorsqu'il y a suspicion d'algoneurodystrophie, le médecin... généraliste (s'il fait bien son travail, ce qui n'est pas toujours le cas...) nous envoie chez : le rhumatologue.... Aux U.S.A (entre autre) on nous envoie en premier lieu chez : le neurologue.... Cherchez l'erreur !

MISES A JOUR :

Au 20 avril 2005 :

Beaucoup de noms pour une maladie :

Morbus Sudeck = Suisse
CRPS = Complex regional Pain syndrome = anglophone
RSD = reflexe Sympathetic Dystrophy = anglophone
Posttraumatische sympathique Dystrophie = néerlandais (belgique flamande)
Algodystrophie = francophone
Algoneurodystrophie = francophone
Kausalgie
Postraumatique ostéoporose douloureuse = francophone
Ostéoporose transitoire = francophone
Aigu Knochenatrophie = néerlandais (belgique flamande)
Post-Traumatisches-Vasomotirisches syndrôme = Allemagne
Babinski-Froment = neurologiquement : Syndrome de BABINSKI-FROMENT : un syndrome neurologique caractérisé par des désordres trophiques et vasomoteurs, amyotrophie diffuse, réflexes tendineux exagérés et contractions musculaires.
Sympatische Paralyse = neurologiquement
Postinfarkt-Skelrodaktylie = Cardiologie
Sudeck-Atrophie = germanophone
Quelques médecins utilisent encore "syndrôme épaule-main" comme désignation.

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* synonymes de la sympathique Reflexdystrophie (après Wilson en 1990) :

Algodystrohies mineures
Algodystrophies de réflexe
Algodystrophie
Algoneurodystrophy
Causalgie
Chronic traumatic edema
Mimo-causalgia
Minor causalgia
Neurodystrophy
Pain dysfunction syndrômes
Posttraumatic pain syndrômes
Posttraumatic spreading neuralgia
Reflexdystrophie
sympathique Reflexdystrophie
Épaule main syndrôme
Sudeck`sche Atrophie
Sympathalgia
Sympathetic syndrômes overdrive

Selon l'indice de cotation de la douleur de McGill, le coefficient est de 16 pour le mal de dos, de 26 pour le cancer, et de 42 pour la causalgia (SDRC de type 2, ex nom : algoneurodystrophie de type 2 avec lésion nerveuse).

 

MISE A JOUR au 7 août 2005 :

En France, on parle de 3 stades d'évolution possible dans la maladie :

Stade 1 : Stade aigu ou pseudo-inflammatoire (2 à 3 mois) : douleur de la région traumatisée, signe autonomique par augmentation du flux sanguin (rougeur, hyperthermie locale, oedèmes), ostéoporose débutante, dysfonctionnement sympathique.

Stade 2 : Stade dystrophique (3 à 9 mois) : la douleur s'aggrave en extension et en intensité il y a une hyperactivité sympathique apparente avec diminution du flux vasculaire et cyanose, peau froide, hypersudation. L'ostéoporose devient plus marquée à la radiographie.

Stade 3 : Stade atrophique : ce stade peut durer deux ans ou plus, voir "éternellement", la douleur peut rester importante pour ensuite diminuer, mais elle ne diminue pas toujours, bien au contraire. Le tableau clinique est dominé par la raideur et la limitation des mouvements.

Mais selon la nature des dommages, d'autant plus s'il existe une (ou plusieurs) lésion(s) nerveuse(s) à la base, les étapes peuvent changer dans leur durée. La détérioration du stade 1 au stade 3 peut aller de quelques semaines jusqu'à plusieurs mois. Au stade 2 et 3, il n'est pas rare de voir l'algoneurodystrophie s'écarter à d'autres extrémités, parfois elle peut se généraliser au corps entier. Du stade 1 au stade 3, la maladie peut être réversible, si elle est correctement soignée, et à temps. On ne passe pas forcément par tous ces stades, on peut ne connaître que le stade 1 par exemple et guérir très rapidement quand il s'agit d'algodystrophie dite mineure. Les enfants démarrent plus fréquemment que les adultes, par une algo dite froide, mais ce n'est pas toujours le cas, et certains adultes peuvent eux aussi, avoir d'emblée une algo dite froide.

En France, personne ne parle du stade 4 ! Très rare, mais pourtant existant, pour un certain nombre de patients atteint d'algoneurodystrophie. Dans ce stade, il y a échec du système immunitaire. Il existe des changements insurmontables d'hypertension et d'hypotension orthostatique. Parfois des oedèmes généralisés insurmontables impliquant l'abdomen, le bassin, les poumons, les extrémités... Il peut y avoir des ulcérations graves. De gros risques de cancer existent à ce stade. Les systèmes immunitaires autonomes sont épuisés. Les procédures chirurgicales multiples semblent précipiter les facteurs pour le développement du stade 4. Le stade 4, peut aussi affecter le coeur, en déclanchant un infarctus du myocarde par spasmes prolongés.

Je suis à ce stade 4, après avoir eu déjà en 2001 une embolie artérielle qui a été formellement imputée, par expertise médicale, à l'algoneurodystrophie de la main gauche (conséquences : 2 artères définitivement bouchées dans le bras gauche) cas extrêmement rare mais existant. J'ai fait en début d'année 2005 un infarctus du myocarde par spasmes prolongés (sur artères coronaires saines) toujours dû à l'algoneurodystrophie qui s'est propagée à mon corps entier, car celle-ci me déclanche des vasospames permanents, qui à la longue entraîne de plus en plus de complications et pas des moindres.

LE STADE 4 EST : IRREVERSIBLE, du moins à ma connaissance à ce jour...

MISE A JOUR au 12 décembre 2005 :

Différence entre phase chaude et phase froide :

Phase chaude : inflammatoire avec chaleur, rougeur et douleur.

Phase froide : froide avec raideur et rétraction qui entraîne une impotence fonctionnelle.

Impotence fonctionnelle qui peut n'être que temporaire pour la majorité des cas, ou parfois définitive dans certains cas où les rétractions deviennent irrécupérables, malgré parfois une kinésithérapie longue et intensive. D'où l'importance de la mobilisation du ou des membres atteints dès le début de la maladie si possible, mais sans jamais pratiquer une kinésithérapie agressive, il faut toujours mobiliser dans la douceur, la piscine de kinésithérapie (34° *) restant l'idéal pour la mobilisation en douceur.

* (La chaleur permettant de mobiliser plus facilement les articulations, de renforcer les groupes musculaires, donc d’améliorer l’amplitude et l’intensité de la mobilisation)

MISE A JOUR au 2 mars 2006 :

Voici ce que dit le Service d'anesthésie-réanimation chirurgicale 2 et consultation multidisciplinaire de la douleur, CHRU de Rennes, hôpital Hôtel-Dieu, 2, rue de l'Hôtel-Dieu, 35000 Rennes, France, sur le SDRC (injustement appelé encore algoneurodystrophie en France) :

« Le syndrome douloureux régional complexe (SDRC) semble être une maladie neurologique complexe où les interférences se font tant au niveau périphérique que central.

L'algoneurodystrophie est un syndrome douloureux très complexe. Sa définition actuelle exclut toute référence à un mécanisme physiopathologique. Le rôle prépondérant du système sympathique, initialement rapporté dans l'ancienne définition (réflexe sympathique dystrophique), est remis en cause, d'où la suppression de ce terme dans la nouvelle terminologie. La définition qui fait actuellement consensus retient le terme de syndrome douloureux régional complexe (SDRC). Il associe, en post-traumatique, une douleur spontanée, ou un état d'hyperalgésie et/ou d'allodynie, s'étendant au-delà du territoire d'un nerf périphérique, un œdème souvent associé à des troubles vasomoteurs et trophiques. La distinction entre le SDRC de type 1 et le SDRC de type 2 repose sur la notion d'existence (type 2) ou non (type 1) d'une lésion nerveuse. Cependant, si cette pathologie a initialement été considérée comme non neurologique, la tendance actuelle serait de la considérer comme purement neurologique ou comme pathologie dont le substratum serait éminemment neurologique.

Incomplètement comprise, la physiopathologie du SDRC est de plus en plus rattachée à un couplage dysfonctionnel entre les afférences somatiques et les afférences nociceptives tant aux niveaux périphérique (fibres nerveuses C et A) que central. Un mécanisme périphérique seul ne peut prendre en compte toutes les caractéristiques du SDRC (en particulier le phénomène d'extension douloureuse). La première étape, la plus simple, correspond à l'intégration, au niveau des cordons postérieurs de la moelle, de la balance des influx provenant des grosses fibres motrices et des petites fibres sensitives. Cependant, dès que la stimulation nociceptive se prolonge, se superposent, au niveau spinal, différentes actions telles que les systèmes inhibiteurs descendants, les phénomènes de convergence et enfin les phénomènes de plasticité neuronale. Lors du SDRC, des changements fonctionnels (up ou down regulation) avec apparition de phénomènes de sensibilisation, de modifications des propriétés neurosécrétoires (libération de calcitonine gene-related peptide : CGRP, libération de substance P : SP) ont été rapportés. Or, au niveau périphérique, la CGRP est responsable d'une vasodilatation, et la SP d'une extravasation plasmatique. Au niveau du système nerveux central (SNC), la SP initie les phénomènes de sensibilisation spinale. Il a également été rapporté une libération périphérique de cytokines pro-inflammatoires en réponse à une activation neuronale; et la libération des radicaux libres dans la genèse du syndrome inflammatoire semble pouvoir être mise en avant, avec une augmentation des médiateurs comme l'interleukine 6 (IL-6) et le tumour necrosis factor- (TNF-). Globalement, le système nerveux central est mis en cause dans la genèse de tous les troubles constatés dans le SDRC.
La distinction entre l'existence d'une lésion nerveuse patente (SDCR type 2) et un traumatisme sans lésion nerveuse (type 1) est à nuancer. Lors des fractures, il a été montré, dans un modèle animal, que la réduction de la densité nerveuse périostée était le témoin de lésions nerveuses sous-jacentes non cliniquement décelées. De la même façon, il a été montré, lors d'une ligature chronique du nerf sciatique, une ostéoporose importante chez le rat. Dans les formes évoluées de SDRC dites « froides », il est rapporté une perte du contrôle sympathique ».

CE QUI CONFIRME INDISCUTABLEMENT DONC, QUE LE SDRC EST UNE PATHOLOGIE PUREMENT NEUROLOGIQUE ! Ceux qui en sont atteints, ont bien une MALADIE NEUROLOGIQUE !

Donc celà confirme bien que cette maladie relève d'un neurologue en premier lieu, et non d'un rhumatologue ! A chacun : sa spécialité !

Source : http://www.sfar.org/sfar_actu/dou03/html/d03_07/dou03_07.htm

L'évaluation et le traitement de la douleur dans cette étude de 2003 ont été faits bien avant les recommandations de l'AFSSAPS concernant la calcitonine pour le traitement du SDRC.

AFSSAPS - Communiqué de presse du 23 avril 2004

Médicaments à base de calcitonine : modification des indications thérapeutiques et des schémas posologiques

Liste des spécialités pharmaceutiques injectables à base de calcitonine autorisées en France.

A la suite de la réévaluation du rapport bénéfice/risque des spécialités pharmaceutiques injectables à base de calcitonine effectuée par le Comité des Spécialités Pharmaceutiques (CSP) de l'Agence européenne pour l'évaluation des médicaments (EMEA), les indications thérapeutiques et les schémas posologiques de ces spécialités ont été modifiés.

Au vu des différentes études examinées, le CSP a conclu que ces spécialités n'ont pas apporté la preuve suffisante de leur efficacité thérapeutique dans 5 indications qui ne sont donc pas maintenues :

- la prévention de l'ostéoporose postménopausique,
- le syndrome de Sudeck (algoneurodystrophie),
- le traitement de la douleur provoquée par l'ostéoporose,
- le traitement de l'ostéoporose postménopausique avérée
- le traitement de la douleur due aux métastases osseuses.

Toutefois, le CSP a considéré que le rapport bénéfice/risque de ces spécialités est favorable dans les 3 indications thérapeutiques suivantes :

- prévention de la perte osseuse aiguë liée à une immobilisation soudaine, notamment chez les patients atteints de fractures ostéoporotiques récentes
- traitement de la maladie de Paget,
- traitement des hypercalcémies d'origine maligne.

De même, les nouveaux schémas posologiques retenus par le CSP impliquent dorénavant le recours à l'administration de spécialités pharmaceutiques dosées à 50 UI ou à 100 UI et rendent inadéquat le dosage à 80 UI des médicaments injectables à base de calcitonine. C'est pourquoi, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) attire l'attention des professionnels de santé sur l'arrêt de production et de commercialisation des spécialités dosées à 80 UI.

Les Résumés des Caractéristiques des Produits (RCP) des spécialités listées en annexe sont modifiés en conséquence.

Annexe 1 - Liste des spécialités pharmaceutiques injectables à base de calcitonine autorisées en France

Spécialités Laboratoire :
Cadens 50 UI/ml, solution injectable en ampoule Zambon France
Calcitonine GNR 50 UI/ml, solution injectable en ampoule GNR Pharma
Calcitonine L. Lafon 50 UI/ml, solution injectable en ampoule Cephalon France
Calcitonine L. Lafon 100 UI/ml, solution injectable en ampoule Cephalon France
Calcitonine Pharmy 50 UI/ml, solution injectable Pharmy II
Calcitonine Pharmy 100 UI/ml, solution injectable Pharmy II
Calsyn 50 UI/ml, solution injectable en ampoule Aventis
Calsyn 100 UI/ml, solution injectable en ampoule Aventis
Cibacalcine 0,25mg, poudre et solvant pour solution injectable Novartis Pharma
Cibacalcine 0,50mg, poudre et solvant pour solution injectable Novartis Pharma
Miacalcic 50 UI/ml, solution injectable Novartis Pharma
Staporos 50 UI/ml, solution injectable en ampoule Nordic Pharma
Staporos 100 UI/ml, solution injectable en ampoule Nordic Pharma
Staporos 50 UI/ml, solution injectable en seringue pré-remplie Nordic Pharma
Staporos 100 UI/ml, solution injectable en seringue pré-remplie Nordic Pharma


AGENCE FRANCAISE DE SECURITE SANITAIRE DES PRODUITS DE SANTE

SERVICE MEDICAL RENDU : RHUMATOLOGIE : Algodystrophie

Classement par niveau de service médical rendu :

Spécialité DCI SMR
CADENS, solution injectable à 80 Ul/0,8 ml, ampoules de 1 ml, boîte de 6 Calcitonine de saumon :
Faible

CALCITONINE GNR 80 UI/ml, solution injectable, ampoules de 0,8 ml, boîte de 6 Calcitonine de saumon : Faible

CALCITONINE PHARMY II 100 UI/ml 1 ml, solution injectable, ampoules de 1 ml, boîte de 5 Calcitonine de saumon : Faible

CALCITONINE RATIOPHARM 100UI/ml,solution injectable,ampoules de 1 ml, boîte de 5 Calcitonine de saumon : Faible

CALSYN, solution injectable à 100 Ul/1 ml, ampoules de 1 ml, boîte unitaire Calcitonine synthétique de saumon : Faible

CIBACALCINE 0,50 mg, poudre pour usage parentéral, Ampoules de poudre + ampoules de solvant 1 ml, boîte de 5 Calcitonine humaine de synthèse : Faible

MIACALCIC 80 Ul/ 0,8 ml, solution injectable, ampoules de 0,8 ml, boîte de 5 Calcitonine de saumon : Faible

STAPOROS 100UI/1ml, solution injectable,
boîte de 6 Calcitonine de saumon synthétique : Faible

Source : http://agmed.sante.gouv.fr/

La calcitonine n'a donc aucune efficacité dans le SDRC, et ne doit donc plus être utilisée pour traiter cette maladie neurologique !

 

 

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