SYMPTOMES

L'algoneurodystrophie est un syndrome comportant plusieurs symptômes (multi-symptômes), plusieurs systèmes (multi-systèmes), et qui affecte généralement un ou plusieurs membres, mais qui peut affecter virtuellement n'importe quelle autre partie du corps. Bien qu'elle ait été décrite il y a 125 ans par les docteurs Mitchell, Moorehouse et Keen, elle demeure mal comprise et souvent méconnue.

- avant tout une douleur décrite comme sévère, constante, brûlante et/ou profonde, et des problèmes de mobilité non proportionnels à ce qui serait attendu suite à la blessure initiale.

- des rougeurs
- des oedèmes
- une hyper-sudation du membre affecté.

Toute stimulation de la peau (par exemple : porter des vêtements, une faible brise, un frôlement) peut être perçue comme très douloureuse (allodynie). La stimulation répétée de la peau (p. ex. taper légèrement la peau) peut causer une augmentation de la douleur avec chaque tape, et lorsque la stimulation répétée cesse, il peut y avoir une sensation douloureuse qui perdure (hyperpathie). Il peut y avoir une tendreté diffuse ou des points tendres spécifiques dans les muscles de la région affectée, appelés zones gâchette, et causés par des spasmes musculaires (syndrome de douleur myofaciale.) Il peut y avoir des pointes de douleur aiguë spontanée et persistantes dans la région affectée qui semble venir de nulle part (dysesthésie paroxysmale et douleurs lancinantes.)

La peau peut paraître brillante (dystrophie-atrophie), sèche ou écailleuse. Les poils peuvent initialement pousser épais puis fin. Les ongles du membre affecté peuvent être plus cassants, pousser plus vite et ensuite plus lentement. Des ongles qui poussent plus rapidement sont presque une preuve que le patient a bien l'algoneurodystrophie. Elle est associée à plusieurs problèmes cutanés y compris les éruptions, les ulcères et les pustules. Quoiqu'il soit extrêmement rare, certaines personnes doivent subir l'amputation d'un membre à cause des infections cutanées menaçant la vie du patient (gangrène). L'activité sympathique anormale (changements vasomoteurs) peut être associée à une peau qui est soit chaude, soit froide au toucher. Le patient peut percevoir des sensations de chaleur ou de froid dans le membre affecté sans même le toucher (changements vasomoteurs). La peau peut présenter une augmentation de la sudation (changement sudomoteur) ou une augmentation du refroidissement cutané accompagnée de chair de poule (changement pilomoteur.) Les changements de coloration de la peau peuvent aller d'une apparence blanche et tachetée à une apparence rouge ou bleue. Les changements de coloration de la peau (et la douleur) peuvent être déclenchés par des changements de températures, spécialement par des environnements froids, humides. Cependant, beaucoup de ces changements surviennent sans aucune cause apparente. Les patients décrivent leur maladie comme si elle n'en faisait qu'à sa propre tête.

Les patients éprouvent des difficultés à se mouvoir parce qu'ils ont mal lorsqu'ils bougent. De plus, il semble exister un effet inhibiteur direct de l'algoneurodystrophie sur la contraction musculaire. Les patients décrivent une difficulté à initier le mouvement comme s'ils présentaient des articulations « rigides et douloureuses ». Ce phénomène de rigidité est plus frappant pour certains patients à la suite d'un bloc sympathique, lorsque la rigidité disparaît. La diminution de la mobilisation d'un membre peut conduire à une perte musculaire (atrophie par manque ou impossibilité d'utilisation). Chez certains patients, elle cause peu de douleur, mais cause beaucoup de rigidité et de difficulté à initier le mouvement, chez d'autres patients il y a au contraire douleur excessive, rigidité et impotence fonctionnelle. Des tremblements et des secousses involontaires sévères des membres peuvent être présents.

La survenue de crampes musculaires (spasmes) peut être sévère et complètement incapacitantes. Certains patients décrivent un lent « arrêt des muscles » des membres en raison de l'augmentation du tonus musculaire ce qui laisse les doigts ou les orteils dans une position fixe (dystonie).

Initialement les symptômes de l'algoneurodystrophie sont généralement localisés au site de la blessure. Plus le temps passe, plus la douleur et les symptômes ont tendance à devenir diffus. Généralement, le problème commence dans un membre. Cependant la douleur peut survenir au niveau du tronc ou dans un côté de la figure. Alternativement, la maladie peut commencer dans un membre distal et se propager au tronc et à la figure. À ce stade de la maladie, un quadrant entier du corps peut être impliqué. Il a été récemment décrit trois patrons de propagation des symptômes de l'algoneurodystrophie :


1. Un type de propagation « continu » où les symptômes se propagent vers le haut à partir du site initial, p. ex. de la main vers l'épaule.


2. Un type de propagation « en miroir » où la propagation se retrouve sur le membre opposé.


3. Un type de propagation « indépendant » où les symptômes se propagent à une région corporelle indépendante et distante. Ce type de propagation peut être lié à un second trauma ou même sans.

La radiographie peut démontrer une perte osseuse (ostéoporose en plaques) ou une scintigraphie osseuse peut démontrer une augmentation ou une diminution de la capture de certaines substances radioactives dans les os suite à une injection intraveineuse.

La durée de l'algoneurodystrophie varie. Dans les cas les plus légers, et surtout si elle est bien traitée et à temps, elle peut durer des semaines et être suivie d'une rémission totale, surtout quand il s'agit d'algodystrophie; dans plusieurs cas la douleur persiste pour des années et dans certains cas, indéfiniment. Certains patients présentent des périodes de rémission et d'exacerbation. Les périodes de rémission peuvent durer des semaines, des mois ou des années. Et malheureusement l'algoneurodystrophie peut avoir pour conséquences des séquelles irréversibles entraînant un lourd handicap, la maladie peut se propager aussi au corps entier et l'on n'en comprend toujours pas vraiment la cause à l'heure actuelle, pourquoi certains en guérissent et d'autres au contraire ne vont qu'en s'aggravant.

L'algoneurodystrophie entraîne des douleurs neurogènes qui deviennent souvent chroniques.

Explications sur les douleurs neurogènes :

Ce sont des douleurs en rapport avec une atteinte du fonctionnement du système nerveux périphérique ou central qui ne répond plus au mécanisme normal de contrôle de l'influx douloureux. Ces douleurs répondent parfois assez mal aux traitements.

Douleurs neurogènes d'origine périphérique :

Les douleurs en rapport avec un mécanisme d'atteinte neurologique périphérique : ces douleurs peuvent atteindre un ou plusieurs nerfs. Elles se caractérisent par des douleurs aiguës transfixiantes sur un fond chronique permanent. Il existe en outre des paresthésies localisées. Il peut s'agir, par exemple, de neuropathie par atteinte inflammatoire ou toxique des petits nerfs des troncs principaux, de traumatismes ou de compressions des nerfs périphériques (exemples : canal carpien, atteinte du plexus brachial, sciatique....) ou crânien (névralgie du V), amputation, polyneuropathie douloureuse, zona etc.

Douleurs neurogènes d'origine centrale :

Il peut s'agir, par exemple, de traumatismes médullaires (para, tétraplégies) ou maladie médullaire (tabès, syringomyélie..), sclérose en plaques, accident vasculaire cérébral (syndrome thalamique), etc...

On distingue deux types de douleurs d'origine centrale :

. Les douleurs par déafférentation :

Elles correspondent à un ensemble de syndromes : douleur du membre fantôme, douleurs post-herpétiques, anesthésie douloureuse, douleurs centrales.

. Les douleurs dystrophiques : Les douleurs sympathiques ou dystrophiques (encore appelées causalgies) s'accompagnent d'une dérégulation autonomique (froid-chaud, moiteur du membre, gonflement, rougeurs, etc..), de signes moteurs (raideurs, faiblesse musculaire, mouvements anormaux), de signes trophiques osseux ou cutanés (réduction de l'épaisseur de la peau, modification des phanères).

Causalgie :
Syndrome combinant une douleur continue à type de brûlure, une allodynie et une hyperpathie après une lésion nerveuse traumatique, souvent associé à un dysfonctionnement vasomoteur, sudoral et ultérieurement à des troubles trophiques.

 

 

 

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